Rei Shabu Sarada : Salade de Porc Froid Japonaise Facile

Rei Shabu Sarada : Salade de Porc Froid Japonaise Facile

Le rei shabu sarada est une salade japonaise de fines tranches de porc pochées quelques secondes dans l’eau frémissante, refroidies à la glace et disposées sur un lit de crudités estivales, nappées de ponzu ou de goma-dare. Vingt minutes suffisent, cuisson comprise, et le porc se prépare jusqu’à quatre heures à l’avance pour un dîner sans fourneau. Idéal avec un bol de riz blanc ou des nouilles somen bien

Cet article peut contenir des liens affiliés. En tant que Partenaire Amazon, je réalise un bénéfice sur les achats remplissant les conditions requises.

 

– Aller directement à la recette –

 

Envie de me retrouver plus facilement sur Google ? Ajoutez Oh mon Bento à vos sources préférées, cela prend 10 secondes.

 

 

Rei Shabu Sarada : trois secondes dans l’eau frémissante, un choc de glace, et l’été s’invite à table

Trois secondes. Pas quatre, pas deux. Trois secondes entre le moment où la tranche de porc touche l’eau frémissante et celui où le dernier reflet rosé s’éteint. Le geste s’appelle yubiki – littéralement « tirer à l’eau chaude » – et c’est lui qui fait le rei shabu sarada : cette salade de porc froid japonaise où la viande, à peine saisie, est glacée puis posée sur un lit de crudités d’été. Vingt minutes, montre en main. Et si la différence entre un porc caoutchouteux et un porc soyeux tenait précisément à ces trois secondes ?

 

Le yubiki, ce geste de trois secondes qui fait le rei shabu sarada

Le porc du rei shabu sarada se poche dans une eau frémissante, entre 90 et 95 °C. De petites bulles régulières remontent à la surface sans pour autant rouler à gros bouillons. C’est dans cette zone que les protéines de surface coagulent assez vite pour emprisonner le jus, sans que l’agitation d’une ébullition violente ne déchire les fibres. À 1,5 mm d’épaisseur, trois secondes suffisent pour que la chaleur traverse entièrement la tranche. Le porc doit être cuit à cœur : la finesse de la coupe rend cela instantané.

Versez 1,5 l d’eau dans une grande casserole. Ajoutez 1 c. à soupe de sake, trois à quatre rondelles de gingembre frais et un tronçon de vert de poireau. Puis allumez le feu. Ce que je partage souvent quand on me demande pourquoi mon shabu shabu froid n’a jamais ce goût « de cochon » : le gingembre et le poireau doivent entrer dans l’eau froide, pas après l’ébullition. Les composés aromatiques du gingembre – les gingérols – se diffusent progressivement entre 40 et 60 °C, bien avant que l’eau ne frémisse.

Jetés dans une eau déjà bouillante, ils se volatilisent en quelques secondes sans avoir imprégné le liquide. Le sake joue un rôle complémentaire : son éthanol se lie aux molécules soufrées volatiles responsables de la buta-shūsa – cette odeur animale caractéristique du porc – et les entraîne avec la vapeur. C’est ce duo, infusion lente des aromates d’un côté, évaporation de l’alcool de l’autre, qui nettoie le goût. Trois minutes à feu doux suffisent pour que l’eau s’imprègne avant de monter à frémissement.

Plongez ensuite les tranches une à une, étalées à plat entre vos saibashi – ces longues baguettes de cuisson en bois ou en bambou. Ne surchargez jamais : deux ou trois tranches par passage, pour que la température de l’eau ne chute pas. Dès que le rose s’éteint, transférez directement dans un bol d’eau glacée préparé à l’avance – le koorimizu. Pas de rinçage intermédiaire, pas d’eau du robinet.

Le choc thermique direct fige les graisses, resserre les fibres et donne cette texture légèrement ferme, presque croquante, que les Japonais décrivent comme puri puri. Si l’eau du bain dépasse 5 °C, la contraction est incomplète et la viande reste molle. Comptez une bonne poignée de glaçons pour 500 ml d’eau, et renouvelez si vous pochez plus de 200 g de porc pour votre rei shabu sarada.

 

Rosu ou bara ? Le gras décide de tout

Le choix du morceau détermine tout dans un rei shabu sarada. Les barquettes de supermarché japonais portent la mention shabu-shabu yō – « pour shabu-shabu » – et contiennent exclusivement du rosu (échine, avec son gras périphérique) ou du bara (poitrine). Le gras intramusculaire et sous-cutané est structurel : une fois refroidi, il acquiert une texture fondante, presque soyeuse, qui contraste avec le croquant des légumes. C’est lui qui porte la sauce, lui qui donne la sensation de richesse en bouche malgré la température.

Le filet mignon, trop maigre, devient sec et caoutchouteux après un pochage aussi bref suivi d’un refroidissement. Je le déconseille franchement. Si vous ne trouvez pas de tranches pré-découpées en épicerie asiatique, demandez à votre boucher de trancher du rosu ou du bara à 1,5 mm d’épaisseur, « comme pour un shabu-shabu ». Une tranche à 3 mm ne cuira pas uniformément en trois secondes : le centre restera tiède tandis que les bords se rétractent. Je n’ai pas encore testé le rei shabu sarada avec du porc ibérique, mais le gras plus abondant de cette race devrait donner un résultat encore plus fondant. À vérifier.

Pour aller plus loin sur l’histoire de cette technique de pochage, l’entrée dédiée au rei shabu sur Wikipédia Japon retrace les origines du plat et ses déclinaisons régionales, de Hokkaido à Kyūshū.

 

Tataki Kyūri (たたききゅうり) la recette du concombre écrasé japonais
Tataki Kyūri (たたききゅうり) la recette du concombre écrasé japonais

 

L’assiette : légumes croquants, herbes fraîches, contrastes

Le rei shabu sarada appartient à la famille des hiyashi ryōri, ces plats refroidis qui rythment l’été japonais de juin à septembre. L’assiette fonctionne sur un contraste : la richesse grasse du porc contre la fraîcheur aqueuse des crudités, le froid de la glace contre la tiédeur du riz servi à côté.

Disposez d’abord un lit généreux de feuilles – laitue, batavia, jeunes pousses. Ajoutez du concombre en rondelles fines, des quartiers de tomate, et surtout du myoga émincé en julienne et du shiso ciselé. Ces deux aromates apportent une amertume florale et une fraîcheur mentholée que rien d’autre ne remplace tout à fait. Pour le croquant, une poignée de germes de soja blanchis dix secondes ou des tranches d’oignon nouveau complètent bien. Un tataki kyūri – concombre écrasé – peut aussi remplacer les rondelles classiques pour une texture plus rustique.

Si vous cherchez un accompagnement froid dans le même esprit, le hiyayakko – tofu glacé nappé de sauce – fait un duo naturel avec cette salade de porc froid japonaise. Et pour un déjeuner plus consistant, une salade de chou râpé à la japonaise apporte du volume croquant sans alourdir l’assiette.

 

Hiyayakko - la recette authentique du tofu froid japonais
Hiyayakko – la recette authentique du tofu froid japonais

 

Presser sans tordre

Sortir le porc de la glace et le poser directement sur les légumes, c’est la garantie d’un rei shabu sarada détrempé. L’eau résiduelle dilue la sauce, ramollit les crudités et donne ce goût « lavé » qui trahit un plat bâclé.

Après deux à trois minutes dans le koorimizu, égouttez les tranches puis enveloppez-les dans un linge propre ou plusieurs feuilles de papier absorbant épais. Rassemblez les bords du linge et pressez délicatement pour extraire l’excès d’eau – le geste s’appelle mizuki o shiboru. La pression doit être ferme mais brève, cinq secondes suffisent. Vous retirez ainsi 70 à 80 % de l’eau de surface sans briser les fibres. La viande doit rester souple, pas compressée. Ce geste prend dix secondes et change radicalement la tenue de l’assiette. Disposez ensuite les tranches à plat sur les légumes, en les dépliant légèrement pour qu’elles accrochent la sauce.

 

Sauce Goma Dare (胡麻だれ) au sésame
Sauce Goma Dare (胡麻だれ) au sésame

 

Quelle sauce verser sur votre porc poché glacé ?

Deux écoles s’affrontent, et je refuse de trancher. Le ponzu – agrume, soja, mirin, dashi – donne un profil vif, acide, presque tranchant, qui souligne la délicatesse du porc. Le goma-dare, lui, enveloppe : pâte de sésame, miso, sucre, un trait de vinaigre de riz. Plus rond, plus réconfortant, il transforme la salade en quelque chose de généreux malgré la température.

Pour une sauce ponzu maison, comptez trois volumes de jus d’agrume (yuzu, sudachi, ou à défaut citron vert) pour un volume de sauce soja, un demi-volume de mirin et un trait de bouillon dashi. Laissez reposer une nuit au frais. Le goma-dare au sésame se prépare en cinq minutes : nerigoma, shiro dashi, un peu de sucre, une pointe de raifort japonais. Certains versent les deux sauces côte à côte, en deux traînées parallèles sur l’assiette. Le convive pioche, alterne, mélange. C’est exactement l’esprit du rei shabu sarada : la liberté dans le cadre.

Une troisième voie, très classique au Japon et trop souvent oubliée : l’oroshi-ponzu. Râpez du daikon frais, égouttez-le légèrement, et mélangez-le au ponzu juste avant de servir. Le daikon apporte une fraîcheur aqueuse qui coupe le gras du porc – surtout du bara – et ses enzymes facilitent la digestion. Une pointe de karashi (moutarde japonaise) fonctionne aussi remarquablement bien, en particulier avec le rosu. Le piquant discret réveille la douceur du gras refroidi sans le masquer.

Une variante moins connue consiste à remplacer le ponzu par du shiro dashi légèrement citronné – plus doux, plus umami, moins acide. Ça fonctionne remarquablement bien avec du porc de Berkshire, dont le gras plus abondant apprécie une sauce moins agressive.

 

Bouillon Dashi - la pierre angulaire de la cuisine japonaise (hero2)
Bouillon Dashi – la pierre angulaire de la cuisine japonaise

 

Vos questions sur le rei shabu sarada

Quelle partie du porc choisir pour un rei shabu sarada ? Le rosu (échine) offre le meilleur équilibre entre chair et gras : fondant une fois refroidi, sans être aussi riche que le bara. Le bara (poitrine) donne une version plus généreuse, très appréciée en été pour son côté soyeux. Dans les deux cas, exigez une épaisseur de 1,5 à 2 mm. Le filet mignon, trop maigre, est à éviter : il devient fibreux et sec après refroidissement.

Peut-on préparer la salade shabu shabu froide à l’avance ? Oui, dans une limite raisonnable. Pochez le porc jusqu’à quatre heures avant le service. Conservez-le au réfrigérateur, à plat sur du papier absorbant, dans un récipient couvert. Montez l’assiette et versez la sauce au dernier moment : les légumes ramollissent au contact du liquide, et le porc sèche s’il baigne trop longtemps. Pour un repas complet, préparez aussi des nouilles somen froides au sudachi à l’avance : elles se conservent bien au frais et complètent le rei shabu sarada sans alourdir.

 

Nouilles Somen Froides au Sudachi et Shiro Dashi
Nouilles Somen Froides au Sudachi et Shiro Dashi

 

Par quoi remplacer le myoga et le shiso ? Le myoga se rapproche d’un gingembre très jeune, à peine piquant. À défaut, un peu de gingembre frais râpé finement et quelques radis en rondelles fines donnent une fraîcheur comparable. Le shiso peut être remplacé par de la menthe fraîche ou un mélange menthe-basilic thaï. L’intention aromatique est respectée, même si le résultat diffère.

Le rei shabu sarada est-il compatible avec un régime sans gluten ? Pas dans sa version classique : la sauce soja contient du blé, et le mirin industriel aussi. En remplaçant la sauce soja par du tamari et en vérifiant que votre mirin est pur, le plat devient naturellement sans gluten. Le porc, les légumes et le dashi kombu ne posent aucun problème.

Retrouvez d’autres recettes estivales dans Natsu, l’été japonais – La véritable recette du Rei shabu sarada est juste en dessous.

Natsu - 63 Recettes Japonaises Estivales et Traditionnelle
Natsu – 63 Recettes Japonaises Estivales et Traditionnelle

 

Rei Shabu Sarada - Salade de Porc Froid Japonaise

Rei Shabu Sarada - Salade de Porc Froid Japonaise

rei shabu,rei shabu sarada,salade de porc froid japonaise,shabu shabu froid,porc poché glacéJeff | Ohmonbento
Fines tranches de porc rosu pochées trois secondes dans l'eau frémissante, glacées et disposées sur un lit de crudités estivales, nappées de ponzu, de goma-dare ou d'oroshi-ponzu. Fraîcheur absolue, vingt minutes chrono.
Temps de préparation 12 minutes
Temps de cuisson 3 minutes
refroidissement et essorage 5 minutes
Temps total 20 minutes
Type de plat Accompagnement, Main Course, Plat principal
Cuisine Japonaise
Portions 2 personnes
Calories 340 kcal

Equipment

  • 1 grande casserole (au moins 24 cm de diamètre)
  • 1 paire de saibashi (baguettes de cuisson longues) ou une écumoire plate
  • 1 grand bol rempli d'eau et de glaçons (koorimizu)
  • 1 linge propre ou papier absorbant épais pour l'essorage
  • 1 râpe fine (pour le daikon, si oroshi-ponzu)

Ingrédients
  

  • 200 g de porc en tranches fines rosu ou bara épaisseur 1,5 à 2 mm
  • 1.5 l d'eau
  • 1 c. à soupe de sake
  • 4 rondelles de gingembre frais environ 15 g
  • 1 tronçon de vert de poireau environ 8 cm
  • 4 feuilles de laitue ou batavia lavées et essorées
  • ½ concombre en rondelles fines
  • 1 tomate moyenne en quartiers
  • 1 tige de myoga émincée en julienne (facultatif)
  • 3 feuilles de shiso ciselées (facultatif)
  • 30 g de germes de soja blanchis 10 secondes
  • 3 c. à soupe de sauce ponzu ou 2 c. à soupe de goma-dare ou 3 c. à soupe de ponzu + 4 c. à soupe de daikon râpé
  • 1 pointe de karashi moutarde japonaise (facultatif)

Instructions
 

  • Versez 1,5 l d'eau froide dans une grande casserole. Ajoutez le sake, les rondelles de gingembre et le vert de poireau. Chauffez à feu doux pendant 3 minutes pour permettre aux aromates de s'infuser, puis montez à frémissement (90-95 °C, petites bulles régulières, pas d'ébullition violente).
  • Plongez les tranches de porc une à une, étalées à plat entre vos saibashi. Laissez cuire 3 secondes, juste le temps que le rose disparaisse. Ne surchargez pas : deux ou trois tranches maximum par passage.
  • Transférez immédiatement chaque tranche dans le bol d'eau glacée (koorimizu), sans rinçage intermédiaire. Laissez refroidir 2 à 3 minutes. Renouvelez les glaçons si l'eau dépasse 5 °C.
  • Égouttez les tranches, enveloppez-les dans un linge propre et pressez délicatement pour extraire l'excès d'eau (mizuki o shiboru). Cinq secondes de pression suffisent.
  • Disposez les feuilles de laitue dans deux assiettes plates. Ajoutez le concombre, la tomate, les germes de soja, le myoga et le shiso. Répartissez les tranches de porc à plat, en les dépliant légèrement.
  • Nappez de ponzu, de goma-dare ou d'oroshi-ponzu juste avant de servir. Ajoutez une pointe de karashi si désiré. Accompagnez d'un bol de riz blanc ou de nouilles somen froides.

Notes

- Le porc se poche jusqu'à 4 heures à l'avance. Conservez-le au frais, à plat sur du papier absorbant, dans un récipient couvert. Montez l'assiette et saucez au dernier moment.
- Pour une version plus consistante, ajoutez des nouilles somen cuites et refroidies sous le porc.
- Le gingembre et le vert de poireau du pochage peuvent être réutilisés dans une soupe miso le lendemain.
- Si vous n'avez pas de saibashi, une écumoire plate fonctionne, mais l'étalement de la tranche sera moins précis.
- L'oroshi-ponzu se prépare à la dernière minute : le daikon râpé s'oxyde et perd son piquant en une vingtaine de minutes.
Keyword cuisine d'été japonaise, porc poché glacé, rei shabu sarada, salade de porc froid, shabu shabu froid


Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Recipe Rating